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La flotte de Napoléon III
Chaloupes canonnières 2
classe Arbalète chaloupes-canonnières (nommées parfois avisos) - plans de Dupuy de Lôme.

nom

chantiers

sur cale

lancement

en service

rayé

Arbalète FCM, La Seyne 1866 29-8-1866 1867 1-3-1886 Baïonnette Claparède, Saint-Denis 1867 1867 28-4-1882 Biscaïen FCM, La Seyne 1866 1866 28-4-1867 28-7-1878 Boutefeu FCM, La Seyne 1866 1866 1867 28-7-1878 Caronade Claparède, Saint-Denis 1867 1867 1868 7-3-1883 Claymore Claparède, Saint-Denis 1867 1867 1868 1876 Dard FCM, La Seyne 6-6-1866 24-8-1866 29-4-1867 16-12-1874 Epieu FCM, La Seyne 6-1866 29-8-1866 1866 3-11-1885 Escopette Claparède, Saint-Denis 1867 1867 13-12-1886 Estoc Claparède, Saint-Denis 1867 1867 2-9-1883 Flambant FCM, La Seyne 19-7-1866 1-9-1866 1867 28-11-1879 Fronde FCM, La Seyne 1866 1867 1867 13-2-1880 Javelot FCM, La Seyne 1866 29-8-1866 1867 2-5-1901 Lance Claparède, Saint-Denis 1867 1868 1-7-1868 24-3-1872 Mousquet FCM, La Seyne 1866 1866 1867 9-3-1876 Obus Claparède, Saint-Denis 1867 1867 1867 24-3-1872 Pertuisane FCM, La Seyne 1866 1866 1867 26-7-1878 Pierrier Claparède, Saint-Denis 1867 1867 1-1-1870 6-9-1886 Rapière Claparède, Saint-Denis 1867 1867 13-7-1880 Sabre Claparède, Saint-Denis 1867 1867 1876, 1895

caractéristiques

dimensions 25.40 x 4.90 x 1.63 m (26.91 x 4.90 x 1.42 sur Caronade) déplacement 90/103 t vitesse 5 / 6.5 n effectif 26 h propulsion 1 hélice - 1 machine à vapeur à deux chaudières de 13 chn, 61 chi voilure : 117 à 162 m² Machines à pilon fabriquées à Marseille (Forges et Chantiers de la Méditerranée) : 1 cylindre d = 0,35 m ; c = 0,3 m ; 2 chaudières ; hélices 4 ailes de 1,158 m ; 2 chaudières à haute pression ; pas de condenseur. Flambant : 7,5 n à 210 t/mn pour une pression de 4,25 atm et une puissance de 60,8 chi, la consommation étant de 2,8 kg/chi/h. Les Biscaïen, Boutefeu, Pertuisane et Sabre ayant été transformé en remorqueurs, ont été remotorisés avec des 70 chn. armement 1x16cm ou 1x14cm sur gaillard (selon les bateaux) et même 1x 12cm pour la Caronade - 1x4 demontagne coque coque bois et barrots en fer (coque composite

historique

Arbalète

1-9-1876 : remorqué vers Dakar par le Finistère. 22-10-1876 : remorqué par le Loiret au Gabon. 1881 : désarmé à Saint Louis. 1882-84 : annexe de l'Africain à Dakar.

Baïonnette

1870 : siège de Paris. 1872 : Nouvelle-Calédonie. 1874 : station de Kutio-Kueta. 1875 : désarmé à Nouméa. 1878 : ponton presqu'île Ducos.

Biscaïen

28-4-1867 : armé à Toulon. 19-7-1867 : désarmé. 1879 : remorqueur à Toulon après adjonction d'un moteur de 70 ch en remplacement. 1891 : charbonnière Toulon.

Boutefeu

14-6-1868 : arrivée à Lorient (LV Rebufot, en même temps commandant du Flambant)) - affecté au service de l'arsenal. 1870 : flottille de la Loire. 14-3-1871 : arrivée à Lorient. 24-4-1871 : appareille pour Le Havre pour mater la révolte de la Commune. 10-1876 : remorqué de Cherbourg à Rochefort par l'Oise. 1876 : naufrage en baie d'Audierne - renfloué par le Soufleur. 1878 : annexe du Messager à Boyardville, et remorqueur à Rochefort. 1893 : vendu.

Caronade

1868 : en réserve à Cherbourg. 4-11-1870 : participe au siège de Paris. 1874 : transporté en Nouvelle-Calédonie par le Nouveau St Michel. 9-7-1875 : stationnaire à l'île des Pins. 13-5-1877 : échouage. 1879-80 : désarmé à Nouméa. 7-1881 : Cpt LV Daniel. 12-1881 : à l'île des Pins. 7-3-1883 : rayé et vendu à la démolition en Nlle Calédonie.

Claymore

1868-69 : Cherbourg. 24-8-1870 : flottille de la Seine. 1871 : désarmé à Brest. 1-10-1871 au 1-6-1872 : transport et surveillance des insurgés de la Commune à Brest, puis désarmement. 1872 : armé pour la surveillance des insurgés. 1876-1902 : remorqueur à Brest. 1903 : vendu pour démolition à Brest.

Dard

5-1867 : de Toulon à Arles sur le Rhône pour examiner sa navigabilité. 7-1867 à 3-1868 : désarmé à Toulon. 1870 : service sur la Loire pendant la guerre (flottille de Saint Nazaire). 1871 : armé pour la surveillance des insurgés de la Commune. 24-3-1871 : désarme à Rochefort. 1873-74 : Rochefort. 16-12-1874 : coulé à la remorque du Travailleur en allant vers Socoa.

Epieu

21-11-1866 : appareille de Toulon pour Bordeaux, par le canal du Midi. 19-6-1875 : appareille de Rochefort pour la Bidassoa. 1876-1880 : station de la Bidassoa. 1881-85 : station à Hendaye. 25-10-1885 : désarmé.

Escopette

1868 : démontée, en magasin Cherbourg. 1870 : siège de Paris. 12-1873 : transporté en Indochine par le Boréal, avec escale à Nouméa. 7-12-1874 : remonté à Saïgon. 1-6-1875 : annexe du Fleurus. 15-9-1877 : échoué près de Saïgon (EV Mazier). 27-11-1877 : arrive à Saïgon, renfloué et remorqué par la Framée. 2-12-1877 : rayé. 3-4-1878 : réinscrit sur la liste. 1884 : armé à Saïgon. 1-6-1886 : désarmé. 13-12-1886 : rayé.

Estoc

1870 : siège de Paris. 12-1873 : transporté en Indochine par le Boréal, avec escale à Nouméa. 1876-78: division navale d'Indochine, annexe du Fleurus. 12-2-1878 : annexe du Tilsitt. 1880-83 : désarmé. 2-9-1883 : coule au cap Padaran, en remorque du Drac.

Flambant

14-6-1868 : arrivée à Lorient (LV Rebufot, en même temps commandant du Boutefeu) - affecté au service de l'arsenal. 1870 : flottille de la Loire. 14-3-1871 : arrivée à Lorient. 26-3-1871 : désarmé. 24-4-1871 : à Paris pour mater la révolte de la Commune. 10-1878 : appareille de Cherbourg pour Brest. 6-6-1879 : de Brest à Rochefort. 28-11-1879 : rayé. 1880 : démoli à Rochefort.

Fronde

1867-69 : désarmé à Toulon. 1870 : Sète, Bordeaux, puis flottille de la Loire à St Nazaire. 24-3-1871 : désarmé à Rochefort. 1874-81 : bâtiment de servitude à Rochefort. 1884 : rayé. 1885 : démolition.

Javelot

1867-85 : désarmé à Toulon. 17-1-1886 : appareille de Toulon pour Bordeaux par le canal du Midi. 1-1886 au 1-1187 : station de la Bidassoa. 1887 : station de Hendaye. 2-5-1901 : rayé - ponton sur la Bidassoa. 1911 : démolition.

Lance

1-7-1868 : fin d'armement à Cherbourg. 10-8-1868 : remorqué de Cherbourg à Dakar par la Gorgone. 4-9-1868 : arrivée à Dakar après des escales à Brest, Lisbonne et Ténériffe. 1869 : remorqué au Gabon (service fluvial) par le Volta. 6-2-1869 : mouillé sur rade au Gabon. 1869 : service fluvial.

Mousquet

1870-71 : Bordeaux. 9-8-1876 : remorqueur à Rochefort après changement de moteur à 70 ch. 1879 : Boyardville. 1882 : annexe de défense mobile. 9-1887 : démolition.

Obus

2-1-1868 : transporté en pièces détachées vers le Gabon, par la Meuse. 12-1868 : remonté au Gabon. 1869 : service des rivières au Gabon. 1871 : échoué sur une plage suite à une voie d'eau.

Pertuisane

29-08-1867 : désarmée après ses essais et halée sur cale à Toulon. 26-07-1868 : rayé de la liste des navires de mer, puis utilisée comme remorqueur avec moteur de 70ch. 1891 : condamnée - démolition.

Pierrier

1870 : siège de Paris. 1874 : transporté en Nouvelle-Calédonie par le Nouveau St Michel. 1-6-1875 : Nouméa. 1876-78 : division navale de Nouméa. 1887 : démolition.

Rapière

1868-69 : Cherbourg, puis démonté en magasin. 1870 : participe au siège de Paris 3-1871 : saisie par les Communards 6-1871 : reprise. 1872 : transporté par le France, puis basé à Nouméa. 1875 : stationnaire à l'île des Pins. 1876 : mise en réserve en Nouvelle-Calédonie. 1880 : désarmé. 1884 : démolition.

Sabre

1870 : participe à la défense du siège de Paris en 1870 (flottille de la Seine). 5-10-1871 au 1-6-1872 : transport et surveillance des insurgés de la Commune à Brest. 1876 : rayé des listes puis utilisé comme remorqueur (70cv) à Brest. 1895 : démoli à Brest, Classe Alerte Plans de Coppier. Classe de bateaux démontables conçue pour la guerre de Crimée. Ils sont gréés en trois-mâts goélette.

nom

chantiers

sur cale

lancement

en service

rayé

Alerte Toulon 1855 9-5-1855 6-1855 29-12-1874 Bourrasque « 12-5-1855 12-5-1855 20-6-1867 Couleuvrine « 16-5-1855 1-6-1855 6-2-1868 Meurtrière « 30-5-1855 7-1855 30-4-1868 Mutine 2-1855 25-4-1855 16-6-1855 29-12-1874 Rafale 1855 3-5-1855 6-1855 8-11-1862 Stridente 2-1855 25-4-1855 5-1855 26-12-1859 Tirailleuse 1855 4-5-1855 6-1855 24-4-176

caractéristiques

dimensions 31.00 x 6.20 x 1.33 m déplacement 143 t vitesse 3 n effectif 34 à 39 h propulsion 1 hélice - machine FCM de 25 chn, 40 che - charbon 17 t voilure : 306 m² (3 mâts goélette) Machines à connexion directe à haute pression (5 atm) sans condenseur fabriquées par les Forges et Chantiers de la Méditerranée : 2 cylindres inclinés à 45° : d = 0,22 m ; c = 0,259 m ; 225 t/mn ; 1 chaudière tubulaire (5 atm), puis à partir de 1868 2 chaudières Belleville utilisées avec un condenseur par surface situé hors carène, la vitesse de rotation étant alors portée de 225 à 290 t/mn ; hélice 4 pales de diamètre 1 m. Alerte en 1855 : 5,59 n à 219 t/mn pour une pression de 3,3 atm et une puissance de 46,9 chi, la consommation étant de 3 kg/chi/h. armement 1x30 ou 1x16cm + 2x18 caronades coque bois, coque non démontable.

historique

Alerte

2-7-1855 : appareillage de Toulon pour la Mer Noire. 27-7-1855 : arrivée à Kamiesh, venant de Toulon. 23-7-1857 : retour à Toulon. 1859 : campagne d'Italie. 5-9-1859 : réserve à Toulon. 1864-66 : service entre Brest et Groix, Belle-île et Port-Louis. 1868 : garde-pêche à Brest. 11-1870 : service de la navigation de la Basse-Seine. 29-12-1874 : rayé - allège à Cherbourg jusqu'en 1884. 1884 : démolition.

Bourrasque

27-7-1855 : arrivée à Kamiesch (Guerre de Crimée), venant de Toulon. 17-10-1855 : prise de Kinburn. 8-1857 : Sénégal. 16-5-1859 : arrivée à Gorée, venant de St Louis. 17-5-1859 : départ pour Joual. 20-3-1862 : arrivée à Gorée venant de la côte d'Afrique - un journal anglais avait annoncé par erreur son naufrage le 15 mars. 7-8-1862 : affaire de Fouta. 1-1863 : remonte le Sénégal jusqu'à Lérabé. 164-65 : postal au Sénégal. 1-7-1865 : désarmé - ponton flottant à Bakel (Sénégal).

Couleuvrine

1-6-1855 : armée à Toulon. 22-7-1856 : réserve à Toulon. 7-4-1857 : appareille de Toulon pour le Sénégal. 7 & 8-1862 : affaire du Fouta (Sénégal). 1-1863 : remonte le Sénégal jusqu'à Lérabé. 1864-66 : fleuve Sénégal. 1-1867 : au Sénégal (LV Potier de la Houssaye). 16-3-1868 : rayé. 20-5-1857 : appareillage de Carthagène pour Cadix.

Meurtrière

11-7-1855 : appareillage de Toulon pour la Mer Noire. 27-7-1855 : arrivée à Kamiesh, venant de Toulon. 14-10-1855 : participe à la capitulation de Kindburn (Mer Noire). 30-4-1868 : vendue à la station du Danube (Galatz).

Mutine

1-7-1855 : appareillage de Toulon pour la mer Noire. 14-10-1855 : participe à la capitulation de Kindburn (Mer Noire). 22-7-1856 : Toulon. 6-4-1856 : hydrographie de la côte italienne. 1857-59 : désarmé à Toulon. 6-1859 : guerre d'Italie en Adriatique. 1-9-1859 : désarmé. 25-2-1864 : réarmé. 14-6-1864 : escale à Lisbonne. 17-7-1864 : désarmé. 23-6-1870 : sortie pour la journée de Lorient (essais), puis affecté à la flottille de la Loire (St Nazaire). 17-3-1871 : arrivée à Lorient. 22-3-1871 : désarmée et placée en 3e catégorie de réserve. 3-4-1871 : armé à Lorient. 28-4-1871 : part pour le Havre pour contrer les communards. 19-7-1871 : désarmé à Cherbourg. 29-12-1874 : rayée. 1875-83 allège à Cherbourg. 1-2-1883 : ordre de démolition.

Rafale

2-7-1855 : appareillage de Toulon pour Kamiesh. 27-7-1855 : arrivée à Kamiesh, venant de Toulon. 17-10-1855 : prise de la forteresse de Kinburn. 27-4-1857 : appareillage de Toulon pour le Sénégal. 20-5-1857 : appareillage de Carthagène pour Cadix. (sic) 8-11-1862 : rayée - ponton. 1865 : coule à Grand Bassam.

Stridente

1-7-1855 : appareillage de Toulon pour la mer Noire. 27-7-1855 : arrivée à Kamiesh, venant de Toulon. 14-10-1855 : participe à la capitulation de Kinburn (Mer Noire). 21-7-1856 : à Toulon. 27-4-1857 : appareillage de Toulon pour le Sénégal. 20-5-1857 : appareillage de Carthagène pour Cadix. 14-1-1859 : appareille de Gorée pour une expédition en Casamance (Cdt Guiastrennec). 31-8-1859 : drossée à la côte à Rufisque dans un raz de marée. 26-12-1859 : rayée. 1-1860 : sa machine est récupérée et sera installée sur l'Yonne.

Tirailleuse

6-7-1855 : appareillage de Toulon pour la mer Noire. 14-10-1855 : participe à la capitulation de Kindburn (Mer Noire). 22-7-1856 : à Toulon. 15-6-1859 : appareillage de Toulon pour l'Adriatique. 18-10-1859 : en réserve à Toulon. 31-7-1867 : remorquée de Toulon à Ténériffe par la Charente, en route vers la station du Sénégal. 1871-76 : désarmé au Sénégal. 24-4-1876 : rayé au Sénégal. classe Mitrailleuse Plans du LV Farcy. La Mitrailleuse est achetée par l'Empereur sur ses deniers propres.

nom

chantiers

sur cale

lancement

en service

rayé

Revolver Claparède - Saint Denis 1869 1869 10-12-1869 23-8-1889 Mitrailleuse (ex-Farcy) Claparède - Saint Denis 6-5-1869 6-1869 6-11-1871 23-4-1889

caractéristiques

dimensions 15.9 x 4.7 x 1.2 m déplacement 45 t vitesse 6.8 n effectif 8/12 h propulsion 2 hélices - 2 machines de 12 chn - voilure : 35 m² armement 1x16cm, puis 1x24, puis 1x16cm coque construites en tôle d’acier et pourvues de 84 compartiments étanches qui les rendaient pratiquement insubmersibles. Carène cannelée pour réduire le roulis

historique

Mitrailleuse

19-7-1869 : essais à Paris, puis Honfleur et Cherbourg. 20-1-1870 : acheté par Napoléon III, avec son argent personnel - renommé Mitrailleuse. 8-1870 : flottille de Seine. 21-10-1870 : canonne Montrerout et Bellevue. 29 & 30-11-1870 : attaque de Choisy-le-Roy, puis combat d'Epernay (LV Dupuy). 1-1871 : redescend la Marne jusqu'à Paris. 7-1872 : mis en magasin à Cherbourg. 20-2-1884 : embarqué à Toulon sur le Bien Hoa pour la baie d'Along. 30-4-1884 : Haïphong. 1884-87 : Tonkin. 23-4-1889 : rayé.

Revolver

Construit pour la marine danoise, mais réquisitionné pour le siège de Paris en 1870 10-12-1869 : acheté sous le nom de Revolver. 5-3-1872 : amené à Cherbourg et désarmé. 1-1884 : transporté de Cherbourg pour Toulon avec la Mitrailleuse, sur la Nive. 20-2-1884 : transporté de Toulon à la baie d'Along par le Bien-Hoa. 31-3-1884 : arrivée en baie d'Along 9-4-1884 : débarqué par bigues du Bayard. 30-4-1884 : arrivé à Haïphong. 1-6-1884 : prise de Tuyen Quang. 1889 : balise. 1890 : vendu.
le succès de la Farcy                                            [...]"A propos de la flottille, je ne saurais passer sous silence la canonnière Farcy, l'heureuse rivale de la Valérie et de la Joséphine dans le coeur des naïfs bourgeois et des snobs des clubs. Cette canonnière, commandée par son inventeur, lieutenant de vaisseau, présentait certainement un type nouveau et très original. Par la forme ondulée de ses fonds, elle conciliait une grande stabilité avec un faible tirant d'eau, en portant d'ailleurs un canon du plus fort poids. L'inventeur avait été longtemps tenu en échec par le sanhédrin du génie maritime, et c'était seulement grâce à l'intervention du chef de l'Etat qu'il avait pu, quelques mois auparavant, faire exécuter son projet. Mais la canonnière qu'il montait était d'un échantillon beaucoup trop faible, de sorte que la pièce marine de 24 centimètres qu'on y avait installée la fatiguait énormément au recul. Dès lors, il devenait indispensable, sous peine d'avarie grave, de ne tirer cette pièce que sous une faible inclinaison, en réduisant ainsi énormément sa portée. De plus la coque était si mince, qu'elle eût été incapable d'affronter les balles d'un peloton d'infanterie. Aussi cet engin n'a-t-il rendu que des services insignifiants, et le digne commandant en chef de la flottille expliquait à la fin du siège que, malgré toute sa bonne volonté, il n'eut pu faire avancer le lieutenant Farcy qu'au détriment d'autres officiers, ignorés il est vrai du public, mais commandant les batteries flottantes dont le rôle avait été bien plus actif et bien plus périlleux que celui de la canonnière en vogue. Quoi qu'il en soit, l'engouement était devenu général, grâce à quelques articles de journalistes, enchantés d'avoir visité un navire de haut bord, en y recevant le plus gracieux accueil. C'était arrivé à un tel point que chacun voulait faire son pèlerinage à la Farcy. Pendant tout le temps du siège, les feuilles publiques et les orateurs de club n'entamaient pas pour ainsi dire une question de défense nationale sans parler de la fameuse canonnière". [...] "Le fleuve (la Seine) était surveillé par la flottille dont, chaque soir, les batteries flottantes descendaient en aval du pont de Billlancourt de façon à pouvoir inspecter le fleuve jusqu'à Saint-Cloud. Au jour, elles remontaient s'amarrer à l'île des Cygnes, où tout Paris défilait pour les visiter. La canonnière FARCY jouissait d'une faveur spéciale.  (Extrait de : "La Marine dans la guerre de  1870" par Jacques Mordal in la revue  ICARE n° 83 , hiver 1977-78)  - sur le site remarquable de LA GUERRE DE 1870 EN IMAGES  http://www.laguerrede1870enimages.fr